L’architecture bioclimatique repose sur une idée simple : faire travailler la maison avec son environnement, plutôt que contre. Si vous envisagez de faire construire une extension de maison, c’est le moment idéal pour ajouter cette qualité à votre habitation. Vous gagnerez de précieux mètres carrés, et vous améliorerez le confort thermique de votre maison, tout en profitant d'une belle lumière et d'une bonne sobriété énergétique. En métropole lilloise, avec un climat plutôt humide et des canicules en été plus fréquentes qu’il y a vingt ans, la bioclimatique permet d’absorber ces variations sans recourir systématiquement au chauffage ou à la climatisation. Grâce à votre extension de maison conçue selon les normes de l’architecture bioclimatique, voyons comment concevoir une maison qui se régule naturellement.

Bien concevoir son extension de maison bioclimatique

Pour qu’une extension se régule naturellement, le tout premier enjeu ne concerne pas les matériaux utilisés ni l’isolation… mais tout simplement l’orientation ! C’est celle-ci qui détermine les apports solaires, la façon dont la lumière circule et la façon dont la chaleur sera stockée puis redistribuée.

Veillez à capter l’énergie solaire, même en hiver

Les orientations Sud et Sud-Ouest sont les grandes gagnantes dans un climat tempéré. Une extension bois bioclimatique avec une grande baie qui s’ouvre vers le sud peut chauffer naturellement la pièce jusqu’à la mi-saison, même dans le Nord de la France.

Prévoir des pièces tampons et des zones froides

À l’inverse, on place volontiers au Nord des pièces telles que la buanderie, le garage, l’entrée ou les pièces techniques. Elles forment une première barrière qui limite les déperditions de chaleur. Si votre extension possède des celliers ou des placards, c’est là qu’ils seront placés en priorité. Votre extension pourrait aussi permettre de revoir la distribution de votre maison.

Le soleil d’été n’est pas le même que le soleil d’hiver

La bioclimatique joue également sur la course du soleil. L’hiver, le soleil est bas et pénètre profondément dans les pièces. L’été, il est plus haut et il tape souvent dur ! C’est pour cette raison qu’il convient de prévoir des protections solaires fixes (débord de toit, brise-soleil), qui bloquent le soleil d’été sans masquer celui d’hiver.

Soigner la conception du plan de son extension

Plus le volume de votre extension est simple, plus il sera efficace. Les formes trop travaillées, avec des coins et des recoins, ajoutent des ponts thermiques et pourraient compliquer l’isolation.

Quels sont les principes fondamentaux pour concevoir une maison qui se régule naturellement ?

Bien sûr, chaque geste compte et la conception d’une extension de maison bioclimatique se repose aussi sur la combinaison entre une bonne isolation, l’inertie et le déphasage thermique.

Privilégier les matériaux biosourcés avec un bon déphasage thermique

La fibre de bois, la ouate de cellulose et le chanvre sont des matériaux naturels qui possèdent un excellent déphasage, c’est-à-dire qu’ils retardent les échanges de chaleur :

  • En hiver, ils conservent la chaleur plus longtemps,
  • En été, ils ralentissent la surchauffe.

À l’inverse, les isolants trop minces réagissent très vite aux variations extérieures.

Les extensions à ossature bois ou en béton, brique et béton de chanvre

L’architecture bioclimatique vous permet de choisir entre de nombreuses solutions pour la structure de votre extension :

  • Les extensions à ossature bois : elles sont excellentes pour la réactivité thermique et les performances en hiver, mais leur inertie est plutôt faible. La prévision d’ une dalle béton, d’un mur de refend ou de cloisons lourdes compenseront ces « faiblesses » ;
  • La brique et le béton possèdent de leur côté une forte inertie, parfaite pour stocker les calories, vous offrant un confort durable. Les possibilités de formes sont légèrement plus restreintes toutefois ;
  • Le béton de chanvre (aussi appelé chaux chanvre) vous propose un compromis intéressant. Il est respirant, biosourcé et agréable à vivre ! Il est sain et léger.

L’une des meilleures combinaisons actuelles pour obtenir une extension performante au niveau technique dans la métropole lilloise reste une ossature bois, doublée de fibres de bois, sans oublier des protections solaires extérieures.

Choisir des menuiseries performantes pour une extension bioclimatique

Pour concevoir une maison qui se régule naturellement avec une extension bioclimatique, les vitres et les menuiseries jouent un rôle bien plus important qu’on ne l’imagine. Ce sont elles qui laissent entrer la lumière, la chaleur et l’air et ce sont elles aussi qui peuvent refroidir la maison si elles ne sont pas choisies ou posées avec précaution.

Le vitrage de l’extension

Deux indicateurs permettent de comparer les vitrages : le Uw et le facteur solaire g.

  • Le Uw mesure les pertes de chaleur. Une fenêtre à Uw faible limite les pertes thermiques et améliore le confort près des vitrages, même en plein hiver ;
  • Le facteur solaire g indique la quantité d’énergie solaire qui traverse le vitrage. Un g élevé chauffe naturellement la maison l’hiver, ce qui est très intéressant dans une pièce orientée sud ou sud-ouest.

En quelques mots :

  • Au Sud / Sud-Ouest, la lumière et les apports solaires gratuits seront privilégiés grâce à g élevé. Il conviendra de faire poser des protections extérieures pour l'été (des stores enrouleurs "screens", par exemple) ;
  • Au Nord, l’objectif est surtout de limiter les déperditions de chaleur : le Uw est important;
  • À l’Est / Ouest, toute l’attention sera portée au soleil dès le matin et jusqu’au soir, souvent fort en été lors des longues journées de canicule. Le confort d’été dépend d’abord du facteur solaire g, puis de la protection extérieure. Le Uw reste important pour l’hiver, mais il n’est pas l’élément déterminant sur ces façades.

L’importance d’une pose soignée des menuiseries

Au-delà du choix du vitrage, il faut également soigner la pose. Une fenêtre triple vitrage mal posée perd tout avantage face à un double vitrage correctement installé. Les ponts thermiques apparaissent alors au niveau des jonctions, provoquant des sensations de parois froides, des courants d’air ou des condensations localisées. Le meilleur résultat consiste à assurer une continuité entre l’isolant, la menuiserie et l’étanchéité à l’air, avec un raccord propre et net à la maison existante. Retrouvez ici nos conseils pour bien choisir vos menuiseries lors d’une rénovation de maison ou d’appartement.

La ventilation et le confort en été : deux sujets désormais incontournables dans le Nord

Aujourd’hui, les épisodes de canicule se répètent dans le Nord de la France tout autant que dans les autres régions et la plupart des maisons chauffent vite. La ventilation naturelle est la première alliée de l’architecture bioclimatique, car elle organise la circulation de l’air grâce à :

  • Des entrées basses et des sorties hautes ;
  • Une ventilation croisée entre deux façades opposées ;
  • Et parfois une fenêtre de toit qui joue le rôle de « cheminée thermique ».

Une ouverture bien placée suffit souvent à refroidir l’extension en fin de journée. Ce principe, combiné à une bonne inertie intérieure, évite dans bien des cas l’installation d’une climatisation.

Pour aller plus loin, la ventilation mécanique apporte un contrôle supplémentaire. Trois solutions coexistent :

  • La simple flux, fonctionnelle mais limitée ;
  • La VMC hygro B, qui s’adapte à l’humidité intérieure ;
  • La VMC double flux, dont le fonctionnement s’accorde particulièrement bien avec une extension bioclimatique.

La ventilation mécanique double flux récupère la chaleur de l’air extrait pour réchauffer l’air entrant. En hiver, le confort ressenti s’améliore nettement. En rénovation, elle crée une sorte de « bulle thermique » entre l’extension performante et la maison existante, ce qui homogénéise les températures et limite les sensations de froid.

Une autre variable est parfois oubliée, c’est la ventilation nocturne. Lors des périodes de canicule, elle permet de maintenir des températures très agréables sans climatisation dans la majorité des cas.

Comment concevoir une maison qui se régule naturellement avec une extension bioclimatique ? Se protéger du soleil, le détail qui change tout !

La plupart des extensions souffrent en été d’un simple manque, pourtant facile à installer et à prévoir lors de la conception de votre extension de maison bioclimatique : la protection solaire. Elle peut prendre différentes formes : des stores extérieurs, des volets, des brise-soleil orientables, ou encore des débords de toiture ou une jolie pergola, dont l’objectif commun est d’arrêter le soleil d’été sans priver la maison de lumière en hiver.

N’oublions pas la végétation et les arbres du jardin. Ils restent les outils les plus discrets, des plus efficaces, naturels et certainement parmi les plus esthétiques ! Les feuillages caducs de jolis arbustes choisis avec soin embellissent votre extérieur. En hiver, leurs branches nues laissent passer la lumière, tandis qu’en été, elles offrent une ombre naturelle sur votre façade. Peu de solutions réunissent autant de qualités bioclimatiques pour un investissement aussi raisonnable. Vous pourrez également profiter du chant des oiseaux qui viendront d'y poser, à quelques mètres de vous.

Une extension performante posée sur une maison énergivore crée néanmoins un déséquilibre. C’est particulièrement visible sur les maisons des années 60–70 : l’extension devient confortable, mais l’existant génère courant d’air, zones froides, condensation ou inconfort d’été. Le chantier de votre extension est donc souvent le moment idéal pour reconsidérer l’isolation de toute votre maison des années 60-70 ! En traitant votre habitation comme un ensemble, le confort progresse d’un coup et la valeur patrimoniale de votre bien également. Alors, n’hésitez plus, si vous envisagez d'agrandir votre habitation, pour concevoir une maison qui se régule naturellement avec une extension bioclimatique : nous vous proposerons de créer une surface supplémentaire extrêmement bien isolée pour que vous en profitiez toute l’année avec des dépenses énergétiques réduites.